Trois ans de célibat : le meilleur du pire

Le 1er Janvier 2021, en même temps que le nouvel an, j’ai fêté ma troisième année de célibat. Trois ans déjà se sont écoulés. Pourtant si je suis restée seule si longtemps, ce n’est pas faute d’avoir fait des rencontres. Au contraire, j’ai eu la chance (pour ainsi dire) de faire de nombreuses rencontres. Bien qu’aucune n’ait abouti à une relation, il est certain qu’elles m’en ont appris beaucoup sur ce que je veux et surtout sur ce que je ne veux pas. Voici donc un florilège des pires phrases que j’ai entendu des hommes au cours de ces trois dernières années.

« Les femmes doivent aussi me faire la cour »

De tout ce que j’ai pu entendre, cette phrase ci était la plus étonnante. Elle m’a particulièrement éclairé sur la dynamique des relations hommes-femmes. Je m’étais habituée à attendre que les hommes viennent vers moi et j’ai découvert que certains s’attendent à ce que ce soit les femmes qui fassent le premier pas, particulièrement lorsqu’ils ont un emploi décent et une voiture. Au cours d’une conversation, un ami m’a confirmé l’existence de cette dynamique. Il m’a dit s’être souvent senti comme une proie chassée de toutes parts par des femmes impressionnées par sa situation. La situation était gênante pour mon ami mais visiblement pas pour celui-ci.

La phrase sonnait comme un avertissement. Peut-être s’agissait-il pour ce monsieur de me signifier qu’il était un beau parti et qu’il ne manquait pas de prétendantes. Je n’en sais rien à vrai dire, parce que j’ai cessé d’écouter à partir de là. Il était visiblement moins intéressé par moi que par lui-même. Il aurait été inutile d’aller plus loin. Je n’allais pas lui faire la cour. Je trouve contreproductif de courir après un homme qui n’est pas intéressé par moi, même si le prix à payer est un célibat à durée indéterminée.  

« Il te faut un homme marié »

Je venais à peine de me séparer de mon ex quand j’ai entendu cette phrase. Vous ne serez pas surpris de savoir que cette phrase sortait de la bouche d’un homme marié qui voulait être plus que mon ami. Au-delà de ce qu’on peut penser de sa démarche, ce qui m’a particulièrement interpellé dans cette phrase c’est ce qu’elle laissait entendre. Vraisemblablement, pour lui, une divorcée ne pouvait pas prétendre à plus qu’un partenaire à temps partiel. Il est aussi possible que j’interprète mal ses mots. Sa démarche était avant tout égoïste. Après tout, il ne cherchait qu’à tirer les couvertures de son côté. N’empêche ! Je me suis parfois demandé, dans des moments de doutes, si c’était réellement tout ce que la vie avait à m’offrir pour la suite. 

Dans un environnement où les femmes revendiquent d’être tantôt « Titulaire », tantôt « Deuxième bureau », inutile de jouer les prudes. Pour les femmes seules, la tentation est grande de jouer en deuxième ligue avec l’espoir d’entrer en première ligue à la faveur d’un coup du sort. J’ai toujours jugé très sévèrement les femmes qui, par opportunisme ou naïveté, s’embarquent dans ces matchs dont elles ressortent plus souvent perdantes que gagnantes. Pourtant ce jour-là j’ai compris qu’il n’est pas toujours facile de dire non quand on est seul, qu’on n’a rien à perdre et qu’on ne doit rien à personne. Toujours est-il que j’ai dit non. Pas par scrupule ou égard pour la femme de cet homme, que je ne connaissais pas. J’ai dit non parce que je savais que ce n’était pas la vie que je voulais. L’homme que je veux ne me dira jamais ça. Il n’exploitera surement pas ma solitude pour m’embarquer dans une voie sans issue. Alors j’ai dit non.

« Les gens pensent que tu es finie »

L’histoire de cette phrase est tellement effarante qu’elle en est risible. C’est le chef d’œuvre d’un mec que je connais depuis plus d’une dizaine d’années. L’histoire est très caricaturale puisque ce genre de phrases ne peut sortir que de la bouche d’un gars qui n’a jamais eu sa chance avec une fille et qui apprend qu’elle a eu de la malchance en amour. Lorsque nous nous sommes revus ce jour-là à l’occasion d’une fête, il s’imaginait que j’étais ravie de le revoir. C’est en tout cas ce que je suppose puisqu’il m’a poursuivi de ses ardeurs toute la soirée, à la manière lourde qui me rebutait déjà une décennie plus tôt. Je suis néanmoins restée polie. J’étais particulièrement de bonne humeur et je refusais de me laisser gâcher la journée. Plus tard lorsque les invités commençaient à s’éparpiller et que les bulles de champagnes terminaient leur course effervescente vers nos neurones à tous, il m’a rejoint à une table où je m’étais assise. En le voyant arriver j’ai eu envie de courir dans l’autre direction mais mes jambes, broyées par le cuir de mes talons aiguilles, m’ont convaincu du contraire. Je l’ai donc écouté me dire pendant une bonne trentaine de minutes tout ce qu’il avait sur le cœur… depuis ces 10 dernières années. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter, ni ma mine dépitée, ni mon air mi-ennuyé, mi-somnolant.

Puis il a entreprit de me démontrer l’application du proverbe « Celui qui parle beaucoup dit beaucoup de sottises ». C’est à ce moment qu’il a prononcé la première phrase qui m’a fait désaouler. Avec une assurance déconcertante il a affirmé être prêt à m’épouser. Et pendant que je me demandais encore, interloquée, quelle partie de mon comportement lui avait donné l’impression qu’une telle idée m’étais agréable, il a entrepris de m’expliquer que mes trois enfants n’étaient pas un problème. Certains me croyaient finie mais j’étais tout à fait à son goût et un mariage avec lui, avec sa situation professionnelle, clouerait le bec aux mauvaises langues.

Hum, eh ah !

Avant de poursuivre votre lecture, il y a une chose que vous devez savoir sur moi : j’ignore la plupart des choses qu’on dit sur moi pour deux raisons. La première raison c’est que mon cercle d’amitié est très restreint. Cette manière de vivre à quelques inconvénients mais les avantages excèdent largement ces inconvénients. « Less friends, less drama ». La deuxième raison pour laquelle j’ignore tout ce qu’on dit de moi, c’est que je m’en fiche. Je ne recherche jamais ce genre d’informations et lorsqu’elles me parviennent de façon inopinée, j’évalue rapidement si mon loyer ou mon bonheur en dépendent. Puisque la plupart du temps ce n’est pas le cas, je m’en détourne rapidement.

Je ne saurais donc vous dire à qui notre héros du jour faisait allusion quand il parlait « des gens » qui pensent que je suis finie. Ce que je sais c’est que ma réponse à ses 30 minutes de monologue était aussi courte que violente. Violente au point où il n’a plus décroché un mot de la soirée. Il a fini par s’endormir sur une des tables jusqu’à ce que le service chargé du nettoyage vienne le réveiller pour qu’il puisse rentrer chez lui. Je ne vous dirai pas ce que je lui ai dit. Sachez juste que même si je le fais rarement, lorsqu’il m’arrive de charger ma langue comme un fusil, je tire pour tuer et je ne rate jamais ma cible.

Quoiqu’il en soit j’ai tiré quelques leçons de cette triste rencontre. Tout d’abord j’ai compris que ses mots n’avaient rien à voir avec moi puisqu’il m’a appelé le lendemain pour me présenter ses plus plates excuses. Beaucoup d’hommes sont si frustrés d’être rejetés plus d’une fois par la même femme, qu’ils cherchent à les rabaisser par des paroles blessantes, même si au fond d’eux ils donneraient tout pour avoir une chance avec elles. J’ai également appris que ces hommes pensent parfois que les femmes les rejettent parce qu’ils n’ont pas assez d’argent. En réalité, dans ma vie j’ai repoussé aussi souvent les avances des hommes riches que des moins riches. Je vois aussi autour de moi de nombreuses femmes donner une chance à des hommes qui ne peuvent même pas leur offrir un café. La réalité c’est que lorsqu’une femme dit non, neuf fois sur dix c’est parce que le mec se comporte comme un con. Certains abordent les femmes avec arrogance quand ils ont de l’argent et sans élégance quand ils n’en ont pas. Peu prennent le temps d’être agréables ou courtois. Peu s’intéressent réellement à la personne. En réalité ces hommes ont échoué avant d’avoir essayé.

Entre les hommes mariés, les hommes arrogants et les rustres, ces trois dernières années m’ont servi quelques pépites dignes d’un bêtisier. De telles rencontres découragent et souvent sapent la confiance en soi, surtout lorsque tout autour de vous, la société vous rappelle que si vous êtes seule c’est que quelque chose ne va pas chez vous. Je me suis plus d’une fois remise en question. Je me suis souvent demandé si j’étais trop exigeante mais j’ai fini par conclure que chaque « non » à ce que je ne veux pas, est un « oui » à ce que je veux. Ces trois dernières années ne m’ont pas seulement appris la patience, elles m’ont appris que la confiance en soi est la meilleure arme contre les cons.

6 commentaires sur « Trois ans de célibat : le meilleur du pire »

  1. « Certains abordent les femmes avec arrogance quand ils ont de l’argent et sans élégance quand ils n’en ont pas. » Résumé parfait!

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