Divorcée, fauchée et endettée : comment retrouver son indépendance financière

Il y a 2 ans ma vie était radicalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui.   Si vous me suivez sur Instagram (@marie_noelle_b) vous connaissez déjà l’histoire. Le 1er Janvier 2018 je me faisais larguer par téléphone… et bonne année ! La situation était très simple. Je subissais l’hostilité de mon premier hiver, seule, à 7000 Km de mon pays. Et au Cameroun ce qui m’attendait à mon retour c’était : mes enfants, une assignation en divorce et mes effets dans un couloir.

Certains d’entre vous ont connu cet instant où tout ce à quoi vous tenez vous échappe. Essayez de s’y raccrocher est comme tentez de garder de l’eau dans votre poing serré, elle s’écoule irrémédiablement ! Les gouttelettes de ma vie s’éparpillaient sous mes yeux et je n’y pouvais rien. Il fallait donc faire son deuil. D’abord vint le choc : « Comment ? Pourquoi ? » Puis la douleur : « Pourquoi moi ? » Ensuite le chantage, la négociation. Mais les larmes n’y changeaient rien. Alors elles firent place à la colère : « Je n’ai pas mérité d’être traité comme ça ! » Mais ma colère était vaine. Alors les étapes du deuil continuaient et se succédaient. Et c’est ici qu’intervient le déni !

A 28 ans je me retrouvais seule, sans logement, sans épargne et avec un maigre salaire dont la moitié allait au remboursement d’un prêt à la consommation contracté pour un bien qui ne m’appartenait pas (ou plus) ! Les perspectives étaient bien peu excitantes ! Mais le plus surprenant, vous allez vite le comprendre, c’était la sérénité qui m’animait ! Mais oui ! Je ne pouvais que rebondir après tout ! N’avais-je pas une famille pour me soutenir ? La déconvenue fût à la hauteur de mes espoirs ! « Mon » problème était « MON » problème !

Tout est dans le mot : « MON ». Adjectif possessif, première personne du singulier ! Un seul possesseur et un seul objet ! Mon problème était donc le « MIEN », entendez : A ne partager avec personne d’autre ! Très vite on m’a fait comprendre que : « non », personne ne m’aiderait à m’installer ! En revanche, la porte de la maison familiale m’était grande ouverte et je pouvais rentrer m’y installer avec mes enfants aussi tranquillement qu’honteusement.

Une déconvenue après l’autre, il a fallu se rendre à l’évidence : La vie avait décidé de ne me faire aucun cadeau et il fallait se débrouiller par ses propres moyens. C’est là qu’intervient l’acceptation ! Au plus fort de l’abattement et de la dépression, celui que j’écoutais en boucle sur YouTube c’était Tony Robbins. Ceux qui ont déjà écouté Tony savent comment sa voix rauque et puissante peut vous donner un bon coup de pied où je pense !

Je ne saurai vous résumer ici ce que des heures et des heures d’écoute de ses discours de motivation m’ont appris. Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule chose de Tony aujourd’hui ce serait celle-ci : pour réussir il ne s’agit pas d’avoir des ressources, il s’agit d’être plein de ressources ! It’s not about your resources, it’s about your resourcefulness! Peu importe la quantité d’argent que vous avez ou que vous n’avez pas : avoir de la ressource c’est la capacité de trouver des moyens rapides et intelligents pour se sortir d’une situation difficile.

La première étape pour me sortir de la merde a été d’accepter à la fois intérieurement et publiquement que j’étais dans la merde. Ma fierté n’allait m’être d’aucune utilité ici alors c’est toute honte bue, que j’ai cogné à toute les portes et bassiné une personne ou deux avec ma larmoyante déconfiture. Mais je ne venais pas seulement avec une main tendue. À mon retour au Cameroun j’avais une formation, une expérience et une expertise. Ce que je demandais, c’était un travail qui me permette de subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants. Et n’ayons pas peur de le dire, un petit prêt… histoire de voir venir !

A force de cogner, au mois d’Août une porte a fini par s’ouvrir ! Il a fallu déménager dans une ville que je ne connaissais pas. Repartir de rien, avec mes enfants, mon matelas posé à même le sol et un canapé offert par ma mère. Une vie nouvelle ! Je n’avais toujours pas d’argent et pendant quelques temps j’ai travaillé sans revenus. Mais au moins j’avais ce qu’il me fallait : un but et des perspectives ! Et 3 mois plus tard je suis retombée sur mes pieds. Juste avant la fin de l’année, j’avais pris ma revanche sur ce 1er Janvier 2018.

Pour moi il y aura toujours un avant 2018 et un après 2018. Et si je pouvais parler à la jeune femme amoureuse et pleine d’illusions que j’étais avant 2018, je lui dirai ceci : l’amour c’est bien mais l’indépendance financière c’est mieux !

Tu le sais déjà mais n’en doute plus une seule seconde : ton éducation est ta priorité ! Quand le monde entier t’aura tourné le dos, c’est grâce à ton éducation qu’il restera en toi les ressources et les talents pour rebondir ! Je me souviens avoir lu cette phrase sur Facebook un jour: “A man who encourages you to study and work hard is better than one who buys you expensive wigs to cover your empty head !” Cela peut prêter à sourire mais n’en est pas moins vrai pour autant. Non seulement il est important d’entretenir ta soif d’apprendre, mais il est tout aussi important de t’entourer de personnes qui te motivent à rechercher le savoir. Ne cesse jamais de t’instruire !

Le secret de l’indépendance financière est une équation simple : gagne plus, vis en dessous de tes moyens et investis intelligemment.

Pour gagner plus, il faut valoriser son temps et ses talents : voir de la valeur dans les services que tu apportes et t’autoriser à être rémunéré en conséquence. Bien souvent nous faisons bénévolement ce qui mérite un salaire. Ou nous ne pensons pas être assez bien pour mériter ce poste à responsabilité alors nous ne postulons pas. Parfois ton plus grand obstacle est l’idée que tu ne pourras jamais obtenir plus. Si tu veux gagner plus, autorise-toi à en demander plus de toi-même et des autres !

Vivre en dessous de ses moyens implique de sortir de la spirale de l’endettement. Eponge tes dettes. Constitue-toi une épargne en mettant de côté 15 à 20% de tes revenus tous les mois. Cette épargne devra comporter un fond d’urgence équivalent à 6 mois de charges pour te permettre de tenir en cas de coup dur ! Il est donc important de traquer ses dépenses mensuelles. Tu dois savoir exactement où va ton argent pour pouvoir en garder le contrôle.

Parce que ton éducation financière est toute aussi importante qu’avoir un diplôme ou apprendre un travail, lis des livres, écoute des podcasts, regarde des vidéos sur YouTube. Sois curieuse de tout ce qui concerne les finances et de la façon de garder et de démultiplier l’argent que tu gagnes ! Ne dépends de personne quand il s’agit d’argent et surtout pas de ton partenaire. Si tu dépends de la personne que tu aimes, tu te retrouveras un jour « obligée » d’aimer la personne de qui tu dépends !

Garde une confiance en toi à toute épreuve : ta destinée est à la hauteur des épreuves que tu traverses ! Garder confiance en moi n’a pas été la chose la plus facile à faire. J’ai dû subir les rumeurs et les regards accusateurs puisque dans notre contexte camerounais tout est forcément la faute des femmes. Je me souviens qu’un cousin à qui je ne parlais jamais s’est permis de m’écrire un jour pour me demander ce que j’avais fait, puisque j’avais « forcément » fait quelque chose pour me retrouver divorcée.

Mais quoique j’ai pu faire ou ne pas faire, j’ai très vite compris qu’il était inutile de passer le reste de ma vie à m’interroger ou à m’autoflageller pour ce que je ne peux ni contrôler ni changer. S’il y a une chose que l’expérience nous apprend, c’est que la seule constante dans la vie c’est le changement. Les situations changent, les relations changent et les gens changent. Ce qui ne doit jamais changer c’est ta détermination à poursuivre ta mission et ta vision, à apprendre de tes erreurs et à devenir la meilleure version de toi-même. Ton chemin de vie n’étant pas forcément compatible avec celui des autres, certaines personnes sont simplement de passage dans ta vie !

J’aimerai pouvoir te dire que j’ai toujours mis ou que je mets toujours en pratique tout ce qui précède. Il n’en est rien ! Mais j’aime à penser que la vie est un éternel apprentissage et qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Passer au travers des changements du quotidien requiert de la flexibilité et de la résilience. Mais comme je le disais sur Instagram le 1er Janvier : « Si la vie peut avoir l’audace de me refuser une chose, alors j’aurai l’insolence de lui demander mieux ! » Ce que l’indépendance financière m’a apporté, au-delà de la sécurité, c’est la liberté d’être moi-même et de faire entendre ma voix !

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